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L'ère des invincibles
Au terme d’un bras de fer immense face à son rival croate, l’équipe de France a décroché le titre européen pour parachever son fameux triplé ! Ces Experts viennent de réécrire l’histoire de leur sport.

France-Croatie. Un classique des fins de compétitions internationales. Un juge de paix sans aucun doute. Et cette fois, dans une salle de Vienne au moins aussi chaude et en faveur que celle de Zagreb il y a un an en finale du Mondial, la France a parachevé son chef d’œuvre : ce fameux triplé JO-Mondial-Euro ! Une performance inédite dans l’Histoire du handball, qui a été décroché aux dépens du vieil ennemi dalmate, une nouvelle fois magnifique de résistance mais vaincu.

Le duel défensif attendu
Le début de match, en tout cas, était conforme aux attentes. A savoir extrêmement défensif, avec deux gardiens qui ne tardaient pas à se mettre en exergue en sortant chacun un penalty. Seule surprise côté Croates, eux qui avaient habitué jusqu’à présent à un jeu très placé et très lent développaient cette fois leurs contre-attaques. A raison puisque les Bleus perdaient trop de ballons bêtement sur des relations arrière-arrière tangentes. Mais si les Dalmates menaient au score, les Experts ne se laissaient pas décrocher par l’entremise d’un Sébastien Bosquet enfin incisif (4-5, 12e). En revanche, en défense, Balic exploitait bien la petite faiblesse adverse sur les entrées en deuxième pivot, ce qui profitaient successivement à Zrnic et Kopljar (7-9, 21e). Le vrai tournant de ce premier acte se situait cependant aux alentours de la 25e minute, lorsque trois coups de sifflet de suite en défaveur des Tricolores, dont une exclusion pour deux minutes de Nikola Karabatic inexistante, offraient à la Croatie l’occasion de se détacher (9-12, 28e). Enervé de cette injustice, le demi-centre de Montpellier, dès son retour, se chargeait néanmoins de ramener les siens avec deux buts d’affilée, suivis d’un de Daniel Narcisse pour arriver à ce score de parité à la pause (12-12).

Les Croates craquent encore
Petit hic toutefois, la France n’avait jamais mené au score en première période. Un manque qui disparaissait rapidement puisque les Experts, fidèles à leur tradition dans cette compétition, réussissaient une entame de second acte immense. En défense d’abord, où les Dalmates se heurtaient à un véritable mur pendant un quart d’heure. Une muraille que seul Balic parvenait, sur des exploits personnels, à transpercer. Mais cela ne suffisait pas face à la déferlante tricolore, symbolisée par un Luc Abalo encore plus fou que d’habitude (17-14, 39e). Les Dalmates tanguaient sérieusement et pour les relancer, il fallait une action très confuse et un choc entre Duvjnak et Karabatic. Sur celui-ci, Joli, victime collatérale, sortait, blessé au coude. Pire, Karabatic ressortait pour deux minutes, ce qui le laissait au bord du carton rouge. Un souci que gérait à merveille Onesta. A tel point que jamais la Croatie n’allait parvenir à revenir ne serait-ce qu’à deux buts. La faute notamment à un Thierry Omeyer stratosphérique dans son but, à une arrière-garde morte de faim et enragée dès qu’un maillot blanc approchait, à un Karabatic énorme… Le tout pour un bonheur à l’état pur, achevé par un dernier but de Guillaume Gille, synonyme de titre européen (25-21) ! Comme le disait Omeyer sur Canal + : «Maintenant, le triplé, c’est fait !»

Titi OMEYER
« C'est magnifique ce que l'on a réalisé sur ces 10 jours en Autriche. On est monté en puissance pour terminer en apothéose. On a fait plier les équipes. Aujourd'hui, les Croates se sont accrochés mais on sentait qu'ils allaient lâcher. On réalise ce fameux triplé dont tout le monde nous parlait. Aujourd'hui, on peut le dire, on marque l'histoire même si c'est difficile à réaliser. C'est grand mais on sait que ça a été très dur. On est sur notre nuage ».


Didier DINART
« Au début c'était critiqué et critiquable. On a mis les bouchées doubles. C'est l'autocritique, c'est l'analyse, c'est ce qui fait le sportif de haut niveau aujourd'hui. Même si on a fait deux matchs nuls au début, là c'est merci, aurevoir et on s'en va. Les Croates ont quand même progressé... Ils avaient mis 19 buts à Zagreb, là ils en ont mis 21 ! Mais ils sont toujours à 4 buts... »


Michaël GUIGOU
« On plane, on est heureux. On est sur le papier depuis trois-quatre ans la meilleure équipe. Et c'est tellement rare d'arriver à le prouver que l'on est content de ne rien gâcher. Je n'ai jamais aussi peu dormi... J'étais tellement en stress en voyant les autres jouer... On se rendait compte qu'on n'était pas à notre niveau mais on se rendait compte aussi qu'on était largement capable de gagner cette compétition. Depuis le 2 janvier on est enfermé, loin de la famille et il se passe tellement de
choses... Il y a de l'amour et du respect. On est lié à jamais par ces médailles. On voit aujourd'hui qu'on s'est posé les bonnes questions et qu'on s'est dit ce qu'il fallait. »




CROATIE - FRANCE : 21-25 (12-12)
Arbitres : Methe et Methe (ALL)
StadtHalle de Vienne

CROATIE
Gardiens : Alilovic (13/36 dt 1/3), Carapina (0/1) ; Buteurs : Balic (4/5), Duvnjak (3/7), Lakovic (0/3), Zrnic (7/10 dt 6/7), Kopjar (1/1), Vori (2/3), Gojun, Vukovic (2/5), Mataija, Buntic (0/1), Valcic, Strlek (2/3), Cupic (0/3), Musa.

FRANCE
Gardiens : Omeyer (12/32 dt 3/8), Karaboué (0/1 dt 0/1) ; Buteurs : Fernandez (2/4), Dinart, Barachet, Gille G. (1/1), Narcisse (3/5), Joli (1/2 dt 1/2), Karabatic (6/10), Junillon, Abalo (4/8), Sorhaindo (3/6), Guigou (3/8 dt 1/2), Bosquet (2/3), Ostertag, Detrez.

 

Le podium:

1/ France  2/Croatie  3/Islande

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